#AFFCameroon Cohorte 8 : La contribution du Fact-checking pour la promotion de la démocratie et la transparence au Cameroun 

Par Tchengang Tchiengue Donald

Dans le monde, Il est estimé à plus de 70 % des personnes disposant d’une connexion internet et utilisant au moins une fois par jour, un ou plusieurs réseaux sociaux. Cette réalité peu à peu se dessine au Cameroun où les réseaux sociaux s’imposent au cœur des vies et sont destinés à y rester selon toute vraisemblance. Aujourd’hui, cette place considérable des réseaux sociaux impose de reformuler notre manière de comprendre et d’appréhender les problématiques contemporaines des faits sociaux, politiques, économiques, culturelles et même écologiques. Les cas de la crise Russo-Ukrainienne en Europe, du Printemps Arabe au Maghreb, ou encore celui de la Crise Anglophone au Cameroun démontrent à suffisance leur rôle central, voire moteur dans les mouvements qui bousculent en profondeur nos sociétés.

En effet, cette nouvelle forme de socialisation « virtuelle » ou de remobilisation s’accompagne de l’exposition croissante des internautes à la manipulation de l’information et  à la prolifération récente d’outils d’intelligence Artificielle (IA) qui permet à tout le monde de fabriquer le contenu pour qu’il se rapproche de la réalité sans toutefois être la réalité ; rendant ainsi plus complexe la lutte contre la désinformation et les fake news. Cet état de choses pose le problème de la protection des internautes des effets préjudiciables des fake news et par extension des discours haineux sans atteinte à leur droit à s’exprimer librement et au droit de la protection de la vie privée. Ou comment garantir et promouvoir la démocratie et la transparence tout en encadrant l’utilisation des réseaux sociaux. 

Face à cette situation alarmante, la pratique du fact-checking continue à s’imposer comme une contribution significative pour démystifier les faux récits afin que le public soit informé par la vérité – et non par la fiction afin de prendre des décisions éclairées pour une participation citoyenne efficace à la consolidation de l’architecture de paix. C’est donc dans ce but que à defyhatenow, nous prenons l’initiative de lancer la première vague de formation de professionnels de fact checking pour l’année 2023; la 8e cohorte du programme Africa Fact-checking Fellowship. 

#AFFCameroon : La contribution de #defyhatenow pour la démocratie, la paix et à la transparence 

 En effet, la vérification des faits est un outil puissant pour promouvoir la démocratie et la transparence/redevabilité au Cameroun comme ailleurs en Afrique. En vérifiant avec précision les affirmations et en contestant publiquement les informations fausses ou trompeuses d’une part, les citoyens peuvent prendre des décisions éclairées au sujet de leurs dirigeants politiques et de leurs institutions. Cela est particulièrement important dans un pays comme le Cameroun, où la méfiance à l’égard du gouvernement est grandissante et où le discours public peut être fortement divisé. D’autre part, les autorités ont la capacité de prendre des décisions justes et éclairées en s’appuyant sur des informations vraies et crédibles. Dans ce sens, la vérification des faits permet donc de lutter contre les discours haineux et les campagnes de désinformation qui menacent l’intégrité de l’État. Plus le nombre de personnes participant activement au processus de vérification augmente, plus la responsabilité des plateformes de médias sociaux et des gouvernements s’accroît.

Par ailleurs, la vérification des faits encourage également la recherche des sources d’information fiables et l’engagement des citoyens dans des conversations constructives en ligne plutôt que d’être la proie de fausses nouvelles ou de rumeurs sans fondement. 

Par ailleurs, notre but à travers #AFFCameroon, c’est de former des vérificateurs de faits qui contribuent à la redevabilité en demandant aux hommes politiques et aux autorités de rendre compte de leurs paroles et de leurs actions. Cela permet de s’assurer que les personnes au pouvoir sont tenues de respecter les mêmes lois et les mêmes règles applicables à tous. C’est également l’occasion d’atténuer tout risque de donner du pouvoir ou de l’influence à ceux qui chercheraient à tromper l’opinion publique par des mensonges, des manipulations ou des campagnes de désinformation. Les troubles à Sangmelima ces dernières années nous renseignent davantage sur la nécessité d’éduquer les masses et de multiplier les vérificateurs de faits pour limiter la manipulation de l’information pouvant conduire aux violences. 

8e cohorte de Africa Fact-checking Fellowship à l’épreuve de l’IA

Depuis quelques années, la nécessité du fact-checking s’est imposée au Cameroun dans un contexte national marqué par la crise sécuritaire de Boko Haram, la crise dite anglophone depuis 2016, la crise post-électorale de 2018 et la pandémie du Covid-19. Si à ce jour le public et les médias commencent à saisir les enjeux de la désinformation, la démocratisation de l’utilisation de l’IA et du big data exige des vérificateurs des faits de mettre à jour des techniques et outils pouvant les aider à debunker plus facilement les fausses informations. Face à cet inconnu que représente l’IA, il importe d’anticiper sur les potentielles menaces que ce progrès révolutionnaire peut avoir sur la cohésion sociale et la paix dans des pays en voie de développement à l’instar du Cameroun où le taux de pénétration d’internet et l’éducation aux médias et à l’information des populations restent encore marginale. Nos boursiers seront donc alertés sur leur rôle clé pour détecter et contrer les effets de l’utilisation mal-intentionnée de l’IA. De ce fait à partir du 15 Juin 2023, la 8e cohorte débutera avec la formation en présentielle de ces 30 boursiers pour une durée de 3 mois (Juin – Juillet – Août) durant laquelle, ceux ci seront appelés à s’imprégner des méthodes et techniques en fact-checking, collecte & analyse des données en ligne, engagement et sensibilisation communautaire contre la désinformation et les discours haineux. Les travaux des boursiers seront suivis et publiés sur notre plateforme dédiée www.237check.org.

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